Posted on

Un crèvecoeur…

Ce n’est pas une histoire d’amour… peut-être que si, d’une certaine manière; parce que, voir ce coq ou cette poule, c’est l’adopter!

C’est Nicolas, notre ex-stagiaire, qui nous l’a fait connaître. Nous voulions un élevage de poulettes, c’est lui qui nous a orienté vers cette race magnifique.

Il nous a donné des oeufs fécondés et nous a appris tout le cheminement pour les faire naître dans notre basse-cour. C’est un savoir-faire qui s’acquiert, et quand on est intelligent et sympa, on transmet. Merci, Nicolas ! Nous en ferons de même à ceux qui le souhaitent.

A gauche, le lendemain de la sortie de couveuse. A droite, 5 mois plus tard…

Car la ou le Crèvecoeur ont disparu au XXe siècle – c’est bien dommage au vu de la qualité de la race – au profit de variétés sélectionnés par l’homme pour pondre plus, bouffer plus, chier plus et emmerder (les autres) plus… Voilà ce dont l’homme est capable. Ah, capitalisme, fric, pognon, quand tu nous tiens…

La crèvecœur doit son nom au village normand de Crèvecœur-en-Auge. C’est la plus ancienne des races françaises dans les écrits, puisque l’on attribue l’arrivée de cette poule à l’époque de Louis XI (1423-1483) par le seigneur de Crèvecœur qui l’aurait ramenée de ses terres aux Pays-Bas.

La crèvecœur a connu son heure de gloire jusqu’à la fin du xixe siècle. Par exemple, à l’Exposition universelle de Paris de 1855, il n’y eut que deux prix attribués aux volailles exposées : l’un était réservé aux crèvecœurs et le second à toutes les autres races exposées !

Le Pays d’Auge exportait vers les Halles de la Villette près de 150 000 chapons dans l’année, principalement à destination des tables de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie, qui l’appréciaient avec la fameuse recette d’escalope normande. La Crèvecoeur est donc particulièrement reconnue pour la qualité de sa chair.

 

DISPARITION

La mode de l’époque voulut qu’on exagérât la taille de sa huppe à des fins d’esthétique ce qui handicapa grandement l’animal dans sa recherche de nourriture mais aussi dans sa protection vis à vis des prédateurs. Les modes de production extensifs d’alors ne convinrent plus à l’animal qui fut rejeté par le monde agricole. Elle périt d’avoir été « trop belle » de même que par l’importation de races étrangères plus performantes. Elle disparut au milieu du XXe siècle.

Aujourd’hui, elle retrouve vie grâce à quelques éleveurs passionnés qui, à travers la Normandie, créent les conditions pour reproduire cette race faite d’équilibre et d’une certaine élégance.

 

CARACTERISTIQUES

C’est une volaille assez forte, au corps large et puissant. Avec une houpette grande et volumineuse.

  • Le Coq a une allure élégante, sans apparence de lourdeur, le camail abondant lui tombe sur les épaules. Le dos est large et incliné vers l’arrière aux lancettes abondantes. Les ailes sont assez grandes et serrées au corps.
  • La queue est un peu relevée et comporte plusieurs faucilles assez larges.
  • La tête est large, forte, supportant une protubérance formant la base de la huppe, composée de plumes grandes et rejetées en arrière, mais laissant apparaître la crête. Celle-ci est en forme de U, laissant apparaître deux crétillons en forme de corne.
  • La face est rouge, mais elle est presque entièrement cachée par les favoris et la barbe.
  • De la même manière, la barbe cache les barbillons qui sont rouges et petits, et cache également les oreillons qui doivent être ovales et blancs.
  • Le bec est moyen, gris  à pointe jaunâtre.
  • Les yeux sont rouges orangés.
  • Le coq doit faire 3,5 kg, la poule: 2,8 kg
  • La variété la plus connue est la noire, comportant  des reflets verts métalliques; elle peut néanmoins présenter différentes couleurs allant du blanc au noir.
  • POULE

La forme générale de la poule ressemble à celle du coq. Toutefois, la huppe est plus grande, sphérique. Le dos est moins incliné vers l’arrière. La barbe semble être plus développée que chez le coq, masquant encore plus que chez le coq les oreillons, la face et les barbillons.